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Solutrans : quand le dragon fait profil bas, pour l’Instant

Bien que la vague asiatique ne se soit pas imposée ouvertement cette année sur Solutrans, certaines marques ont tout de même fait une apparition discrète sur les stands des constructeurs et équipementiers. Le dragon avance à pas feutrés … mais pour combien de temps encore ? TRM24 a recensé les quelque présences asiatiques lors de cette édition 2025.

Isuzu fidèle

Fuso a brillé par son absence (probablement en raison de la fusion avec Hino) tandis que le chinois Windrose, hyperactif sur les réseaux sociaux, a fait faux bond à la dernière minute. Mais les marques asiatiques étaient bien présentes à Solutrans : il y a, bien sûr l’historique présence japonaise, avec Isuzu. La firme a ses quartiers en Italie via le groupe Mirandola et est présente depuis de nombreuses années en France via Midi Europe. Le passage à la norme GSR-II a entraîné quelques modifications dans la gamme bien visible sur le stand.

La surprise vient d’un compatriote, le spécialiste des engins de levage Tadano. Si le nippon a immatriculé plusieurs grues automotrices en 2025, c’est sa présence comme exposant à Solutrans pour les grues de manutention qui devrait alarmer les marques bien établies comme Palfinger ou Hiab.

Puis il y a la Corée du Sud, avec l’arrivée tonitruante de deux marques : Hyundai avec son camion hydrogène le XCIENT Fuel Cell et Kia qui a réservé une première européenne avec la gamme Kia PV5 à batteries, dans toutes ses versions : châssis-cabine, fourgon tôlé, cabine approfondie. À l’occasion de la cérémonie de remise des prix européens, Kia a remporté celui de l’utilitaire de l’année. Un avertissement sans frais pour les groupes les plus établis comme Ford Pro, Renault Pro+, Stellantis ProOne (qui se prépare un destin à la British Leyland ?) ou Volkswagen Utilitaires. Car, parallèlement, le chinois SAIC (marque Maxus) fait son nid, lentement mais sûrement, avec force développements de gamme tant en motorisations électriques que thermiques. Et si la France tergiverse sur l’hydrogène, mettant en péril son « champion » national Symbio, ces hésitations n’ont pas cours en Asie : il suffit de voir les stands de Hyundai ou Toyota Motors pour se convaincre que cette option est prise très au sérieux en Extrême-Orient.

La Chine, par tous les biais

Si 2025 n’a pas été placé sous le signe du dragon, l’édition 2027 pourrait changer la donne. Nombre de candidatures se seraient présentées, mais trop tard pour 2025. La Chine ayant plus que jamais besoin d’exporter pour préserver sa croissance, et les USA ayant fermé la porte, c’est donc sur la candide Europe que l’offensive se fixera. Car si elle a mix des droits de douane sur les voitures particulières, tel n’est pas le cas sur les véhicules industriels ou la carrosserie.

Très révélatrice est le développement méthodique de la gamme iJAC électrique. Après le 7.5t voici les versions à permis B et une variante de 9 t de PTAC. Importée par une filiale du groupe français Gueudet, et ayant déjà noué des partenariats en après-vente avec des réseaux indépendants, il ne fait aucun doute que les immatriculations augmenteront. Puis il y a les faux-nez : le carrossier belge Bonnieux monte des équipements et carrosseries d’origine chinoise. Le turc BMC se contente de mettre des adhésifs sur les vitrages ou les flancs des camions exposés pour masquer la marque d’origine de ses nouveautés (là encore, le chinois JAC). Dans le domaine de l’autocar et de l’autobus, ces prête-noms sont légion (de Ebusco à Quantron, de Ikarus à Safra Mobility).

On peut parier qu’en 2027 on verra des camions Sany dans les halls d’Eurexpo. Déjà, des équipementiers chinois ont pris place dans les halls pour la vente de panneaux et composants, parfois sous des noms à consonnance « bien de chez nous » (comme Boyard). Outre l’acquisition de Putzmeister par Sany Heavy Industries qui fit grand bruit en Allemagne Fédérale en 2012, il est un symbole français de leur offensive : l’acquisition en 2015 de Lamberet par la holding publique chinoise spécialisé dans l’aéronautique et les composites AVIC (via la filiale Xinfei France). Une preuve que la Chine sait maîtriser le temps long … et avoir de la mémoire.

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