On le sait, l’idée d’imposer des quotas de véhicules zéro émission dont des véhicules à batteries (qu’ils soient achetés ou loués) aux transporteurs avait fait bondir les organisations professionnelles et l’IRU. Mais, sournoisement, le Conseil des ministres européens pourrait bien préparer le terrain au retour de cette mesure soutenue par un lobby pro-batteries hyper actif agissant sous couvert d’une « innocente ONG » ayant ses entrées tant à la Commission qu’au Parlement européen.
En effet, la France a proposé la semaine dernière au Conseil des ministres européens une probable obligation faite aux donneurs d’ordre de contribuer au « verdissement des flottes » . Cette obligation d’achat (de quotas), qui s’est vue refusée par la porte (le 27 novembre 2025 l’IRU a formellement remis à la présidente de la Commission Ursula von des Leyen une pétition de 5302 transporteurs et chargeurs), revient par la fenêtre.
Ce n’est pas la première fois que cette idée revient sur le devant de la scène : elle a commencé à circuler au Parlement européen dès novembre 2023. Avec l’argument, très hypocrite, du « puisque ce sont les chargeurs qui vont être obligés, vous n’aurez rien à payer ». Ben voyons… On voit bien sur les bourses de fret les offres qui y sont faites. Pas sûr que les chargeurs acceptent les surcoûts induits par l’électrification des parcs. Ces belles intentions se heurtent également à la réalité de l’exploitation des véhicules, pour lesquelles l’électrification n’est pas la panacée universelle. Il y aurait, de fait, une distorsion entre différentes filières métiers.
Et il y a une dernière inconnue, l’angle mort du Pacte Vert européen : l’effet inflationniste de telles mesures. Car ce plan, tel qu’il est conçu actuellement, fera grimper tous les coûts du transport : soit par pénalisation fiscale ou para-fiscale des carburants (financement des CEE, crédits carbone ETS-2), soit par les investissements requis pour l’électrification. Bizarrement, le Laboratoire Aménagement Économie des Transports (LAET de Lyon, CNRS UMR5593) et nombre de cercles de réflexion (Think Tanks comme le Forum Vies Mobiles ou l’IMT) d’habitude si prompts à comptabiliser toutes les externalités (forcément négatives) du transport routier, n’ont pas prévu dans leurs programmes de recherche les effets sur le client final de ces obligations et pénalités. Le meilleur moyen de ne pas apporter de réponse, est de ne pas poser la question.
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