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Immatriculations VI UE : un 1er semestre 2025 mal orienté selon les données ACEA

L’ACEA a publié fin juillet les résultats des immatriculations européennes au cours du 1er semestre 2025. Cela va du pas bon (-4.4% pour les cars et bus) à franchement mauvais (-15.4% en poids-lourds).

L’électrique peine encore

Est-ce le signe d’une stagnation économique ou d’une réticence des acheteurs face aux contraintes imposées par le Green Deal européen ? Toujours est-il que dans les chiffres rendus publics par l’association européenne des constructeurs automobiles (ACEA), le marché européen des véhicules utilitaires et industriels est mal orienté.

Autre souci : l’électrification, en croissance, ne se fait pas de façon conforme aux objectifs assignés aux constructeurs. L’ACEA signale le recul sensible des mises à la route sur des marchés clefs en termes de volumes. L’Allemagne chute de -27.5% par rapport aux 6 mois 2024 pour les poids-lourds. La France est à -18.8%, l’Espagne à -13.6% et l’Italie à -13.3%. Au cumul, seulement 155 367 camions et tracteurs routiers ont été enregistrés en Europe au cours du 1er semestre 2025. Selon l’ACEA, les poids-lourds de moyen tonnage (moins de 16 t de PTAC) sont ceux qui ont connu la plus forte régression. Est-ce l’effet des restrictions d’accès aux centre-villes ? Des difficultés des opérateurs à investir dans les véhicules à nouvelles énergies ? 

Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois

Du côté des utilitaires légers, la chute est moindre qu’en poids-lourds. Mais là encore, pas de quoi pavoiser : 729 127 utilitaires légers ont été enregistrés sur les 6 mois 2025 (contre 840 384 sur la même période 2024). Trois pays plombent les résultats : l’Allemagne (-14.7%) suivie de la France (-12%) et de l’Italie (-11.7%). Seule île de prospérité, l’Espagne avec une croissance des immatriculations d’utilitaires légers de +11.2%.

Pour les autocars et autobus, la contraction se limite à -4.4% mais sur des volumes bien plus faibles (18123 unités). Effet de la fin des aides à l’achat, l’Italie (-24.5%) et l’Espagne (-10.7%) connaissent les plus forts reculs. Il faut nuancer ce point par le fait que l’Italie était revenue en 2024 à des plus hauts historiques. France et Allemagne sont en baisse tandis que la Belgique (+76.7%) et la Suède (+222.4%) connaissent de très fortes hausses. Cela a le mérite d’amortir la chute du marché européen des autocars et autobus.

Des parts de marché électriques variant de de 2.6% à 21.6%

Pour les véhicules à batteries, leur part de marché croît mais « la trajectoire de leur croissance n’est pas assez rapide » selon l’ACEA qui déplore toujours l’existence de nombreux freins à leur déploiement et exploitation. Le segment du transport de voyageurs est le bon élève de cette moisson statistique avec une part des électriques (batteries et trolleybus) de 21.6%. L’Allemagne et la Belgique ont tiré ce marché (+105.2% en RFA et un passage de 110 à 523 unités à batteries en Belgique sur la période). Mais dans ce pays, il serait instructif d’avoir les volumes des marques chinoises, lesquelles ont largement profité d’appels d’offres publics ces derniers mois. Malgré un très net déclin (-35.5%) les véhicules hybrides représentent encore 6.9% des immatriculations d’autocars et autobus en Europe. Les Divers pèsent également 6.9% du segment avec quelques pays sortant ici du lot comme la France ou l’Italie. C’est le segment où le moteur thermique Diesel a la part la plus faible des immatriculations neuves : 64.7%.

Pour les utilitaires, si l’on additionne moteurs à essence et Diesel, ils représentent encore 86.9% des mises à la route. Le moteur thermique est toutefois en baisse par rapport à la même période de 2024.  Les électriques à batteries représentant ici 9.5% des immatriculations (+5.8% en part de marché sur la période). Les hybrides électriques sont ici à 2.6% des volumes mais avec une croissance en termes de parts de marché assez forte (+7.1%). Situation encore plus critique en poids-lourds : le moteur Diesel y représente 93.6% des immatriculations du 1er semestre 2025. Les électriques étant à 3.6% des volumes. Selon l’ACEA cette dynamique est tirée par les Pays-Bas (qui ont mis en place des politiques très favorables aux électriques) puisqu’à eux seuls ils représentent 20% des immatriculations européennes de camions à batteries de traction.

One Response

  1. Il y a évidemment un phénomène conjoncturel. Nous soldons l’après COVID période pendant laquelle il y a eu un pic de consommation et de reconstitution des stocks. Si l’on ajoute la somme des incertitudes actuelles et le rôle que jouent les médias dans la construction d’une culture du pessimisme et de « la vie cher » il y a peu de chance d’assister à un accroissement du parc circulant. Ce qui est surprenant c’est la baisse des immatriculations des véhicules de moyen tonnage. Je l’interprète comme étant la preuve que les chargeurs et transporteurs ne se sont pas encore véritablement approprié la problématique de la Supply Chain jusqu’à la livraison au consommateur dans le cadre de la décarbonation des activités. Ce phénomène devrait entrainer une multimodalité favorable à l’augmentation des véhicules petits et moyen tonnage. Les intentions restent dans les paroles d’autant que l’incertitude portant sur le périmètre d’application du Green Deal participe au « j’attend de voir »

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