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Loi européenne sur l’accélération de la décarbonation industrielle : l’infrastructure des transports sous-estimée

La Commission européenne vient de proposer un règlement visant à renforcer les capacités industrielles de l’Union européenne et à accélérer la transition vers une production à faibles émissions. Cette initiative constitue une avancée pour soutenir la base industrielle européenne et encourager les technologies propres. Selon l’IRU, la proposition accorde trop peu d’importance aux systèmes logistiques et aux infrastructures de transport qui permettent le fonctionnement de l’industrie. L’organisation craint également que certaines restrictions réduisent la disponibilité, la fonctionnalité ou l’accessibilité financière des véhicules et composants pour les transporteurs.

Des marchés publics à préserver : compétitivité et flexibilité

L’IRU soutient l’utilisation des marchés publics pour encourager la décarbonation, notamment via des critères de durabilité. Toutefois, l’ajout d’exigences industrielles comme la « fabrication européenne » ou des critères de résilience pourrait compliquer les procédures, réduire la concurrence et augmenter les coûts pour les opérateurs et les autorités publiques.

Les nouvelles règles ne doivent pas entraîner des obligations administratives supplémentaires pour les transporteurs, par exemple l’obligation de prouver l’origine des véhicules ou des composants. Les règles de passation de marchés devraient rester simples, transparentes et axées sur l’efficacité des services de transport.

Les pôles industriels stratégiques manquent d’infrastructures logistiques

La proposition reconnaît l’importance des projets industriels stratégiques et prévoit des mesures pour accélérer les autorisations et faciliter l’accès aux financements. Toutefois, elle néglige les infrastructures logistiques indispensables, comme les plateformes logistiques, terminaux de transport et liaisons multimodales.

Pour assurer le succès des projets industriels, il est nécessaire de garantir un accès routier efficace au fret, ainsi que des infrastructures adaptées autour des plateformes industrielles, notamment des zones de stationnement et de recharge pour camions.

Financer aussi les infrastructures de transport

La Commission prévoit de mobiliser d’importants financements, notamment via une future Banque pour la décarbonation industrielle pouvant atteindre 100 milliards d’euros. L’IRU souligne cependant que la transition industrielle nécessitera également des investissements importants dans les infrastructures et opérations de transport reliant les sites de production, les fournisseurs et les marchés.

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