Bus & autocar

Otokar Europe marque son territoire sur l’électromobilité

Avec la présentation de l’autocar de ligne et scolaire Otokar eTerrito, le constructeur Turc entend ne pas laisser les Chinois seuls sur le marché des véhicules à batteries. Une présentation presse début juillet 2025 a permis aux représentants de la marque en France de faire le point.

La France, second marché

Si, en matière d’électrification, les constructeurs européens d’autocars et d’autobus ne comptent pas rendre les armes sans combattre, il en est de même des industriels Turcs. Ceci est lié à la combinaison de facteurs que l’on peut résumer comme suit : pression politique, enjeux d’image et besoin vital d’exporter.

En témoigne cette statistique de l’OSD en Turquie (équivalent Turc du CCFA) : en 2024, les marques locales ont exporté 2016 autocars et autobus tandis que leur marché domestique représentait 4717 unités. Sur ce volume exporté, Otokar a représenté 1250 unités. Sur les 922 millions d’euros de chiffre d’affaires d’Otokar, 72.9% du chiffre d’affaires est généré à l’export. Bref, on comprend que la filiale Otokar Europe soit un enjeu stratégique pour la marque de l’empire Koç. La France est le 2ème marché derrière l’Italie pour la firme, une position qui varie au gré des appels d’offres dans la péninsule.

Pour le marché France, il est également important de sortir de la dépendance liée à l’Otokar Navigo (voir https://www.trm24.fr/decouverte-trm24-nous-avons-conduit-lotokar-navigo-bva-allison-t2609/  ) qui représente à lui seul 56% des ventes de la marque sur notre territoire. L’autocar interurbain et scolaire Otokar Territo, avec 28% des volumes d’Otokar Europe en France réalise chez nous bien plus que sa part des ventes internationales (seulement 8% du mix).

Une structure dédiée aux appels d’offres des collectivités

En 2024, l’équipe commerciale a créé une structure dédiée aux appels d’offres des collectivités. Désormais, Otokar Europe entend répondre systématiquement à ceux-ci. Quelques premiers succès ont été enregistrés : 10 eCentro pour Keolis à Metz et surtout 49 unités de Otokar Centro (Diesel) achetés par la RTM via l’UGAP. « Les gabarits Mini et Midi constituent une niche qui permet de rentrer dans les réseaux urbains » expliquent en cœur Denis Samson, directeur commercial et Denis Toublanc, directeur marketing d’Otokar Europe. L’objectif 2025 est d’atteindre les 250 véhicules livrés (France métropolitaine plus départements et régions d’outre-mer).

L’annonce de l’ouverture des commandes de l’eTerrito est surtout un enjeu de communication vis-à-vis des grands comptes et Autorités organisatrices. Une dizaine d’exemplaires devrait être immatriculées d’ici à la fin de l’année 2025 pour un client basé dans le Sud-Ouest de la France. C’est cet enjeu politique qui explique la présence à Busworld 2025 de l’Otokar eTerrito à batteries d’origine Forsee Power, lesquelles sont produites en France à Chasseneuil-du-Poitou. Un argument qui peut potentiellement plaire aux collectivités locales. Cela ne remet pas en cause le montage standard avec des packs de batteries fournies par le géant Chinois CATL. Denis Samson, directeur commercial Otokar Europe, confie qu’il n’a pas d’objectifs de volumes sur l’eTerrito … pour le moment. S’il précise qu’il y a beaucoup de consultations sur ce modèle, il ajoute « les régions ne sont pas prêtes financièrement à porter les investissements [sur les autocars électriques] ».