La nouvelle a agité les réseaux sociaux : l’Académie chinoise de sciences et technologies aérospatiales (CASC) aurait réalisé un stockage cryogénique de dihydrogène permettant à un camion FAW Jiefang de parcourir 1 000 kilomètres avec son moteur à combustion H2.
Après Daimler Truck qui développe du stockage cryogénique de dihydrogène (à -252.9°c) et travaille sur une filière d’approvisionnement avec Kawasaki, Linde ou Masdar, c’est au tour de l’Académie chinoise de sciences et technologies aérospatiales (CASC) de révéler ses travaux.
Après avoir exposé le système de stockage en mai 2024, le camion (un porteur FAW Jiefang modifié) aurait réussi à atteindre les 1 000 kilomètres d’autonomie sur un plein. L’autre originalité étant la réalisation d’un camion à combustion hydrogène. Une demi-surprise après avoir vu les travaux du motoriste Weichai et du groupe Sinotruk sur ce sujet lors de l’IAA 2024 à Hanovre.
CASC annonce que les 1 000 kilomètres d’autonomie ont été atteints grâce à un stockage cryogénique emportant 100 kg de dihydrogène. La Chine est fière d’avoir développé ce système sans recours aux technologies étrangères, que ce soit pour l’enveloppe isotherme, les réservoirs eux-mêmes, les détendeurs, les électrovannes, etc.
Ce démonstrateur sur base FAW Jiefang est réalisé par le 101ème Institut de la Sixième Académie chinoise de sciences et technologies aérospatiales (CASC) dans le cadre d’un programme appelé Track 1000. Selon certaines sources, l’institut aurait réussi à limiter l’évaporation de dihydrogène. Parmi les défis restant à résoudre demeure la réduction de l’encombrement du réservoir cryogénique afin d’optimiser la longueur carrossable. Cela malgré le gain de 20% apporté par ce démonstrateur par rapport aux générations précédentes.
L’hydrogène liquéfié intéresse aussi des entreprises françaises
En France, une PME Aixoise HSL Technologies développe une autre forme de stockage et de transport de l’hydrogène sous forme liquide en exploitant certaines propriétés des silices sans risque d’évaporation ou d’explosion. Le procédé HydroSil réduit le volume d’hydrogène 7 fois (par rapport au stockage gazeux sous 200 bar). On sait que le CNRS[1], le CEA[2] et le CNES[3] travaillent également sur le stockage de l’hydrogène sous d’autres formes que gazeuses.
De leur côté, en juillet 2024, Cryostar et Verne ont annoncé un protocole d’accord pour développer des systèmes de distribution en station de dihydrogène sous forme cryogénique. L’américain Verne avait fait la démonstration en 2023 au Lawrence Livermore National Laboratory d’un réservoir de stockage de 29 kg, un record mondial, équivalent à la taille d’un réservoir utilisé dans les poids lourds, et a achevé les essais de conduite d’un système de stockage de CcH2 à bord d’un Volvo VNL modifié fin 2024, réalisant « plusieurs centaines de miles » avec une succession de tests de ravitaillement.
Concurrence entre stockage gazeux
Cette concurrence entre stockage gazeux (350 ou 700bar), liquéfiés, cryogéniques ou chimiques, pourraient toutefois entraver le développement du dihydrogène dans le transport routier du fait d’un manque de standardisation.
[1] CNRS centre national de la recherche scientifique
[2] CEA commissariat à l’énergie atomique
[3] CNES Centre national d’études spatiales
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Que se passerait-il en cas d’accident avec une telle quantité d’hydrogène ?