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Un nouveau pas vers la vente d’Iveco ?

La holding Exor, dirigée par John Elkann petit-fils de Giovanni Agnelli, est perpétuellement à l’affût de plus-values boursières. Propriétaire de 43.1% des droits de vote de Iveco Group, celle-ci a profité ce vendredi 18 juillet d’une envolée autour du titre à la bourse de Milan (+8.3% à la clôture). Un nouveau signe préalable à la vente d’Iveco Group ?

Les signes préalables à la vente d’Iveco Group s’accumulent

Premier acte : la création d’Iveco Group, comme entité séparée de CNH Industrial en 2022. Une façon de préparer une éventuelle vente par appartements de ce qui constitua autrefois une part de l’empire FIAT.

Deuxième acte : l’assemblée générale ordinaire du groupe qui s’est tenue le 7 février 2025 où Olof Persson, le Chief Executive Officer révèle que le Conseil d’administration envisage de se séparer de IDV (Iveco Defence Vehicles) et d’Astra d’ici à la fin de l’année. Outre la plus-value, l’intérêt pour Exor est de se débarrasser des droits de veto de l’État italien sur les activités de défense, jugées sensibles. Le groupe Leonardo (ex-Oto Melara) part avec un avantage, mais, selon Reuters, d’autres prétendants seraient également sur les rangs : Rheinmetall, KNDS (Krauss-Maffei Wegmann Nexter Defense Systems) et CSG (Czechoslovak Group). Dès lors, Exor aurait les mains libres pour vendre ensuite Iveco Group.

Troisième acte : l’agence Reuters évoque trois sources confidentielles selon lesquelles le groupe Exor aurait des discussions avec d’éventuels acquéreurs pour l’achat d’Iveco Group. Deux de ces sources mentionnant le groupe indien Tata Motors (déjà propriétaire de Jaguar Land-Rover, entre autres). Immédiatement, le titre Iveco Group bondit de 9.7% ce vendredi 18 juillet 2025 à la bourse de Milan. Il clôture à +8.3% ce même jour. Effet d’annonce pour réaliser un « coup » boursier (comme ce fut le cas avec Nikola) ? Ou réelle intention de vente ?

De flirts en fiançailles

On sait qu’en 2021 Iveco fut proche d’une cession au chinois FAW. Cession bloquée par le veto de l’État italien. Si ce dernier n’est plus partie prenante, tout redevient possible. Le bureau italien de Reuters, signale que c’est la première fois qu’il est fait mention de tata Motors dans ces discussions. Exor dispose de 27.1% du capital et de 43.1% des droits de vote sur Iveco Group.

Dans sa communication financière, Tata Motors a annoncé l’intention de constituer deux pôles séparés et faisant l’objet de cotations distinctes : l’un consacré aux voitures particulières (Tata, Jaguar Land-Rover) le second aux véhicules utilitaires (Tata Motors Commercial Vehicles).

Pour ce dernier, l’achat d’Iveco Group constituerait une belle prise. Le paradoxe, amusant, est que, si tel était le cas, ce serait une petite revanche de Tata Motors (qui fut longtemps partenaire de Daimler-Benz) sur son rival local Ashok Leyland. En 1986 Iveco racheta à la fois les activités de Ford Trucks en Angleterre et acquit une part d’Ashok Leyland. En 1994, le Ford Cargo retrouva les lignes de production … en Inde, avec un moteur Iveco.

2 Responses

  1. Bravo Jean-Philippe pour cette info qui semble reprise depuis par la presse automobile. Iveco Bus et Heuliez seraient aussi concernés par le périmètre de cession ?

    1. Selon les dépêches agences évoquées, c’est bien Iveco Group (ou du moins ce qu’il en restera après la vente de IDV et Astra) qui sera l’enjeu des discussions entre Tata Motors et la holding Exor. Cela incluerait donc Iveco Bus et Heuliez.

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