SANS DÉTOUR

Tribune de Jean-Philippe Pastre : la décroissance sans anesthésie ni locale, ni générale

Depuis la flambée des prix des énergies, les adeptes de la décroissance ou de l’électromobilité à batteries exultent. Les uns y voient l’heure de l’extermination de ce transport routier honni (qu’il s’agisse de marchandises ou de voyageurs), tandis que les autres y voient enfin leurs « grand soir ». Même le gouvernement dans ses déclarations du 27 mars 2026 y va de son couplet : « Yaka » passer à l’électrique et vous n’aurez plus mal.

Comment oser un tel discours sachant que franchir les marches de l’électrification est une démarche managériale requérant plus d’une année de préparation ?

Quant aux « ONG » triomphantes et envahissantes, « Thinks tanks » et autres « consultants LinkedIn » conseilleurs mais pas payeurs de la facture électrique, la joie est à son comble : enfin le moment tant attendu où le monde du pétrole s’effondre ! Pas sûr que la nouvelle géopolitique que cette offensive américano-israélienne dessine soit vraiment « sans pétrole » tant d’autres pays du monde sont avides d’or noir. L’Agence internationale de l’énergie a même revu dans son World Energy Outlook de l’année 2025 les scénarios de demande mondiale en énergies fossiles. Vu les destructions et pertes de moyens d’acheminement, il pourrait bien ne plus en avoir pour tout le monde.  Souvenons-nous de 1973 et de l’OPEP alors toute puissante qui choisissait ses clients. Les gagnants de l’opération ne sont pas forcément sympathiques : il suffit de voir la reculade de Donald Trump sur le boycott du pétrole russe pour mesurer les limites de l’exercice. La Chine n’en attendait pas tant pour achever d’humilier les pays de l’Ouest.

Plus près de nous, ce seront les TPE, ETI et les salariés en bout de chaîne qui paieront (au sens propre). Pour ceux-ci c’est la double peine : regain d’inflation prévisible, d’ailleurs anticipé dans les prévisions de croissance de l’INSEE pour 2026 et blocage des salaires. Pour les patrons des plus petites entreprises, c’est la mise à mort par les créanciers. Notez le silence assourdissant du gouvernement sur d’éventuelles mesures de chômage partiel.

Bref, nous pourrions bien entrer dans le monde merveilleux de la décroissance avec plein de camions à l’arrêt et d’entreprises en faillite. Reste une question : comment tous nos « doctes sachants » à Paris ou Bruxelles vont trouver leurs produits bio et autres iPhone 17 dans leurs magasins préférés désormais ?

Demain sera meilleur … ou pas …

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