Face à un marché qui ne répond pas aux objectifs, on relance la machine administrative dans un énième cycle de réunions afin de promouvoir la « décarbonation des transports ». Après les Comités de pilotage, les comités techniques, la conférence Ambition France Transports, jusqu’à des petits déjeuners au Sénat, cette fois-ci c’est une mission flash parlementaire à « l’initiative » d’un député des Deux-Sèvres. « Qu’est-ce qui ne va pas », demandent leurs instigateurs ?
Si, au lieu de consulter les sociétés de transports (responsables d’exploitation, directions financières), ils les écoutaient, les points de blocage (techniques, opérationnels et financiers) auraient été identifiés depuis longtemps. Mais on préfère un confortable entre-soi : « nous organiserons des auditions et des tables rondes avec les pouvoirs publics nationaux et européens, les ONG mobilisées sur ce sujet » a répondu le co-rapporteur de cette mission flash, Gérard Leseul. La Commission aux affaires environnementales de l’Assemblée nationale est également en soutien de celle-ci. D’autres associations (probablement moins tentaculaires & efficientes) ont dû jouer des coudes pour obtenir une audition. On pourrait déjà presque en écrire les conclusions … qui se traduiraient bien en de nouvelles taxes sur l’utilisation de véhicules à moteurs thermiques tout en considérant comme quantité négligeable les alternatives à l’électrique à batteries.
Une autre réponse inquiète : « Le mandat est fondé sur la décarbonation globale. Nous ferons bien sûr un focus principal sur l’électrification mais aborderons aussi les sources alternatives (hydrogène…) ». Ne faire référence qu’à l’hydrogène prouve le biais cognitif (ou politique) de la mission. Car il y a d’autres moyens de décarbonation immédiatement disponibles qui peuvent « faire la maille » en attendant que les batteries ou la filière hydrogène soient compétitives en termes économiques sur l’ensemble des missions et applications.
La réponse du co-rapporteur ne manque pas de relayer les éléments de langage habituels des associations militantes anti-camions thuriféraires & engagées pour l’électricité. À l’image de ces propos : « nous avons clairement identifier [sic] les poids lourds comme un vecteur d’émissions polluantes ». Sur ce point précis, ce serait certainement plus efficace et moins coûteux d’homogénéiser le parc en Euro VI plutôt que vouloir laver plus blanc que blanc en essorant au passage les finances des entreprises de transport qui n’en peuvent mais. Un bon sens rappelé par la Centrale d’Achat du Transport Public au fil de ses études comparatives entre les différentes énergies. Mais jusqu’à présent, cette émanation de l’association d’exploitants et collectivités AGIR Transport, prêche dans le désert.
Certains transporteurs (pourtant très impliqués et engagés au quotidien dans la décarbonation de leurs activités) ont du mal à masquer leur agacement : « concernant ce nième « Comité Théodule » du député Fiévet : comment toujours recommencer ce qui a déjà été fait … »







J’adore, sans langue de bois et tellement vrai ! Merci Jean Philippe